Google : la croissance des revenus de recherche ralentie, l'IA pointée du doigt
Le cloud de Google a explosé (+30,7 Md$) tandis que la recherche a crû de 12 %. Selon The Decoder, l'IA dans la recherche génère moins de revenus, et Google étend son programme d'annonces IA à l'international.
Le dernier trimestre de Google a révélé une dissociation entre deux moteurs de croissance. Le chiffre d’affaires cloud a plus que doublé à 30,7 milliards de dollars, tandis que les revenus de la recherche ont progressé d’environ 12 % — une hausse jugée inférieure aux attentes par une partie des investisseurs.
Dans un article publié par The Decoder, des investisseurs estiment que le mode recherche assisté par IA, en plein déploiement, génère moins de revenus que la recherche traditionnelle. Google a reconnu cette situation et a annoncé l’extension internationale de son programme publicitaire dédié à ce mode IA.
Les chiffres clés du trimestre
Les principaux éléments communiqués sur la période sont nets : une croissance très soutenue du cloud — qui plus que double pour atteindre 30,7 milliards de dollars — et une montée plus prudente des revenus de recherche, à +12 %.
La Bourse a réagi : l’action a chuté, à certains moments jusqu’à 10 %, reflétant la nervosité des marchés face à la combinaison d’une croissance inégale et d’un modèle publicitaire en mutation.
Pourquoi l’IA peut rapporter moins
Google a admis que son « mode IA » de recherche rapporte moins que la recherche classique. Plusieurs raisons possibles expliquent ce décalage, sans que l’entreprise n’ait donné tous les détails :
- Format des résultats : les réponses synthétiques générées par IA réduisent parfois le nombre de clics vers des pages externes, ce qui limite les opportunités d’affichage publicitaire traditionnel.
- Période de transition : la monétisation des nouvelles expériences peut nécessiter des essais, des ajustements tarifaires et une adaptation des formats publicitaires.
- Attentes des annonceurs : l’efficacité perçue d’un format publicitaire nouveau peut prendre du temps à convaincre les marques et agences.
Ces explications relèvent de déductions logiques et d’observations générales du marché ; leur part de certitude varie et Google n’a pas fourni de ventilation complète confirmant chacune d’entre elles.
La réaction de Google : internationaliser le programme d’annonces IA
Face à cette situation, Google a décidé d’étendre son programme publicitaire associé au mode IA à d’autres marchés. L’entreprise semble chercher à augmenter l’inventaire et à tester des formats commerciaux à l’échelle mondiale afin d’améliorer la rentabilité de l’expérience IA.
Cette stratégie vise à multiplier les contextes d’utilisation et à fournir aux annonceurs davantage de données comparatives pour évaluer les performances des annonces dans le nouvel environnement. Reste à voir si l’élargissement accélérera l’adoption commerciale et la génération de revenus au même rythme que la recherche traditionnelle.
Que disent les investisseurs ?
Selon The Decoder, certains investisseurs interprètent la différence de croissance comme le signe d’un défi structurel : remplacer une interface de recherche historique par une interface assistée par IA modifie profondément la mécanique de la publicité en ligne.
La baisse du cours, jusqu’à 10 % sur la publication des résultats, témoigne de cette inquiétude. Toutefois, il est important de noter que ces réactions boursières combinent facteurs court terme (attentes de résultats trimestriels) et anticipations sur le long terme (capacité de Google à monétiser l’IA).
Quels scénarios pour la suite ?
Plusieurs trajectoires sont plausibles, avec des degrés de certitude différents :
- Optimisation commerciale : Google parvient à ajuster les formats publicitaires du mode IA et améliore progressivement la monétisation sans remettre en cause l’expérience utilisateur.
- Transition longue : la migration vers des réponses synthétiques réduit durablement certaines sources de revenus publicitaires, forçant Google à inventer de nouveaux produits payants.
- Effet d’équilibre : les gains ailleurs (cloud, abonnements, nouveaux formats) compensent le ralentissement de la recherche, stabilisant la croissance globale.
Ces scénarios sont hypothétiques et doivent être perçus comme des cadres d’analyse plutôt que comme des prévisions fermes. Les données disponibles publiquement restent limitées sur la composition exacte des revenus générés par le mode IA.
Ce qu’il faudra surveiller
Plusieurs indicateurs permettront d’évaluer la trajectoire réelle :
- L’évolution du taux de croissance des revenus de recherche au prochain trimestre.
- Les annonces de Google sur les nouveaux formats et tarifs publicitaires pour le mode IA.
- La vitesse et l’ampleur du déploiement international du programme d’annonces IA.
- La réaction des annonceurs et des agences en termes de budget alloué aux nouveaux formats.
En résumé, le trimestre a mis en lumière une tension entre une forte progression du cloud et une monétisation de la recherche perturbée par l’intégration de l’IA. Selon The Decoder, cela a suffi à inquiéter les marchés. Il reste toutefois incertain dans quelle mesure cette dynamique est transitoire ou structurelle.